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Elle était assise sur un rocher, ses pieds ‘’jouaient’’ dans l’eau fraîche pendant que la brise marine effleurait ses mèches couleur de braise. On aurait dit une sirène sortie admirer le coucher du soleil, ou une déesse grecque attendant son valeureux amant ! Avec son nez aquilin de Cléopâtre et ses pommettes hautes en couleur, elle offrait aux regards un charme des plus capteurs. Une de ses beautés pérennes que les hommes ne risquaient jamais d’oublier… Cependant ; ses yeux bleu d’azur exprimaient une cruelle sensation de vide. Son regard vague se perdait dans l’horizon, et elle semblait figée comme par un choc ou comme si elle n’appartenait plus à ce monde. Ses sourcils arqués étaient froncés dans un effort de réflexion, elle s’efforçait à se souvenir en vain. Soudain ; elle perçut dans la clarté du ciel une petite forme ronde et blanche qui ’’flottait’’ très loin. « La lune ! » Elle se surprît à prononcer ce mot si familièrement. Elle accrocha son regard à cette lune d’émail et sourît, rêveuse.
Elle eût une drôle de vision : Elle vît une petite fille blonde qui tenait la main d’un homme duquel elle n’arrivait pas à bien discerner le visage. Il portait une sorte de combinaison et avait la tête protégée par une grosse capsule. Mais la fillette était simplement vêtue d’une petite robe en coton. Ils étaient debout sur un vaste terrain désert, mais le sable ressemblait plus à de la poussière. Une poussière grise, soufreuse... l’homme manipulait un engin qu’il tenait dans la paume de sa main gantée, et regardait ailleurs de temps en temps. La petite blonde suivît son regard. Elle s’écria, fascinée : « Oh ! Quel beau clair de lune… ».
L’homme la pointa d’un regard sévère : « Dis plutôt ‘’un clair de Terre’’ ! Apparemment, tu ne fais pas de progrès… Quand on confond la lune et la terre, ça ! Viens, il me faut te reprogrammer ! ». La jeune femme essaya de se rappeler ce qu’il voulait dire par reprogrammer, elle évoqua des débris de conversation, sans plus : « Génome … Puissance… Magnétique… Ultradéveloppés… Intelligence… Electronique… Cellules… Artificielles… Mission… Intégrée… XM09… Planète Terre… Test… Cérébral… Humains… Lavage… ». Elle ne comprît rien du tout en ce jargon. Elle s’efforça de se rappeler ce que cela signifiait…
Des bruits mélangés à des rires l’arrachèrent à sa méditation, elle se retourna effarée et entrevît un groupe de garçons à moitié nus bondissant vers elle. Elle se redressa apeurée et se rua de toutes ses forces loin de la plage. Une fois sur la chaussée _ n’entendant plus les voix _ et toute haletante, elle jeta derrière elle un regard hésitant et trouva les jeunes hommes entrain de jouer au ballon sans même se soucier de sa présence ! « Que suis-je bête ! » Pensa-t-elle, puis elle se dit que si elle était restée, elle aurait risqué une éclaboussure ou de recevoir une balle en pleine figure. Une envie curieuse la poussa et elle s’y soumit, telle une somnambule. Des ruelles interminables l’engloutissaient, elle avait comme un malaise, des vertiges...
Elle ne savait pas où aller mais continuait de marcher au hasard. « Qui suis-je ? Oh que c’est dur, je ne sais même d’où je viens ni ce que je fais ici ! ». Soudain, un ‘’crissement’’ vibra en elle et elle porta instinctivement ses mains à son ventre. Elle s’était arrêtée, ses yeux fixaient les carreaux d’un restaurant de luxe, à travers lesquelles elle voyait des mets variés et en grande quantité. Les odeurs pénétraient ses narines et excitaient sa salive...
A cet instant précis, elle ne désirait qu’une chose : manger. Ce qu’elle se mît à espérer…
Un gentleman l’ayant remarquée l’invita d’un signe de main. Il resta ébahi devant cette adorable créature qui ‘attaquait’ la nourriture comme une bête affamée, et qui ne lui adressait même pas la parole ! Une fois sa faim rassasiée, elle se mit à déguster des glaces succulentes en guise de dessert… Son hôte ne perdît pas son sang froid et attendît le moment propice pour engager la discussion. « _ Comment vous appelez-vous ? » Demanda-t-il curieusement. Elle s’immobilisa et le toisa d’un air absent. Elle bâtît des paupières en émettant une série de légers ‘’clics’’ que l’homme ne perçut pas. Il paraissait très amusé : « _ Vous êtes formidable, vous feriez une actrice parfaite ! (Il explosa de rire) Je suis scénariste, et depuis que je vous ai… ».
Elle s’était levée et feignait sortir comme s’il n’existait pas, il lui saisît le bras en criant : « A quoi jouez-vous ? Je viens de vous offrir un repas des plus onéreux et vous ne daignez même pas me… » Elle lui assena une gifle si violente qu’elle l’envoya renverser une table. La main à sa joue enflée, toujours par terre il balbutia : « Impossible ! On dirait une main d’acier, et puis… quelle démarche ! De belles jambes mais une allure dénuée de grâce… Son beau visage est sans expression… A part son corps sculptural, elle n’a rien d’une femme ! Son physique et son comportement ne sont pas compatibles du tout…» Il se redressa et essaya de la suivre en l’assaillant d’injures. Il se sentait ridicule et voulait à tout prix sauver la face. « Sale vermine, petite traînée, espèce de… Oh !».
Il n’eut pas le temps de réagir quand l’inconnue qui marchait de ses pas d’automate à travers la route, trébucha et un camion qui dévalait à toute vitesse l’écrasa. L’homme ahuri se précipita vers elle et se pencha sur ce qui devait être son cadavre. Il s’arrêta net au spectacle qui s’offrait à lui : des fils bleus et rouges ressortait d’une grande fissure dans son front et lançaient des éclairs. Ses yeux étaient sortis de leurs orbites et tournoyaient alors que de sa bouche pourtant inerte et entrouverte émanait un son robotique : « XM09… Mission… Echec … XM09… ». Il s’effondra à ses côtés. Un immense engin volant était apparu, il projeta un rayon qui transforma la créature en une masse de métal fondu et informe, puis s’évapora à son tour en un clin d’œil. Le pauvre homme n’en pouvait plus, il leva sa tête et perçut une étincelle loin dans le ciel puis, … rien ! Il mourût sur le champ d’un arrêt cardiaque...
Dans la foule de badauds qui s’était réunie autours de lui, quelqu’un lança, navré : « Dommage, c’était un bon scénariste, il aurait fait un film inédit ! ».
une nouvelle dont la toute première version a été primée au lycée en 2001, j'avais 16 ans
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